Cet article a été publié en juillet 2018. Les exemples viennent de sites réels que j’ai vus passer, et la plupart des problèmes qu’il décrit sont encore en ligne aujourd’hui.
Les manquements les plus fréquents
Pour être compétitifs sur le web, des tactiques sans scrupule sont apparues. Voici celles qui reviennent le plus souvent.
Se dire spécialiste ou expert. La réglementation encadre ces mentions précisément pour empêcher les fausses prétentions. Le mot paraît anodin dans un titre de page ; il ne l’est pas.
Répondre publiquement à une question de client. Une personne pose une question sur une page ou un réseau social, l’avocat répond ouvertement. La relation client-avocat s’installe en public, avec tout ce que cela emporte, et sans dossier.
Publier une information trompeuse. L’exemple le plus courant reste le pluriel : écrire « avocats » quand le cabinet n’en compte qu’un.
Laisser croire à une autorisation qu’on n’a pas. Offrir des services décrits comme juridiques sans détenir le droit de les rendre.
Employer un superlatif. « Meilleur », « le plus », « nous détenons la meilleure réputation ». Tout ce qui se compare vous expose.
Citer des victoires sans nuance. Rappeler un acquittement passé sans préciser qu’aucune issue ne se garantit, parce que chaque dossier se juge sur ses faits.
Les limites, dites simplement
Elles se ramènent à quatre interdits.
- Aucune promesse de résultat. Ni taux de succès, ni « acquittement garanti », ni chiffre qui laisse deviner une issue.
- Aucun témoignage qui touche au dossier. Un avis peut parler du service reçu. Il ne peut pas parler d’une accusation, d’une décision ou d’une peine.
- Aucune comparaison déloyale. Votre marketing dit ce que vous faites. Il ne dit jamais que vous le faites mieux qu’un confrère nommé ou reconnaissable.
- Aucune mention de spécialité non autorisée. Décrivez vos champs de pratique, vos années d’expérience et les palais que vous desservez.
Ce qui reste parfaitement permis
L’essentiel, en fait. Vos années de pratique. Les palais où vous plaidez. Le nombre de dossiers plaidés, si le chiffre est exact. Votre disponibilité, y compris le soir et la fin de semaine. Votre formation. Vos honoraires et leur mode de calcul. Les explications de procédure qui aident un proche à comprendre ce qui l’attend.
Un exemple de reformulation, pour rendre la chose concrète.
- « Le meilleur criminaliste de Laval » devient « Criminaliste au palais de Laval, disponible 24 h ».
- « 95 % de succès » devient « Plus de 400 dossiers plaidés ».
Le gain n’est pas seulement déontologique. Une affirmation vérifiable résiste mieux à la comparaison quand le proche ouvre trois onglets, et elle survit à un signalement.
Trancher le doute avant, pas après
Trois habitudes évitent presque tous les problèmes.
Vérifiez d’abord si ce que vous publiez est considéré comme de la publicité au sens des règles applicables. Beaucoup de contenus qui n’en ont pas l’air en sont.
Ensuite, faites relire vos textes d’annonce par quelqu’un qui connaît le Code, pas seulement par quelqu’un qui connaît Google. Un consultant qui vous livre une annonce sans vous demander de la valider n’a pas fait son travail.
Enfin, quand une formulation vous fait hésiter, retirez-la. Le gain en visibilité d’une phrase agressive ne compensera jamais une plainte.
Ce qu’il faut retenir
Le marketing en ligne n’est pas facultatif pour un cabinet. Mais c’est vous, et non votre consultant, qui répondez de ce qui est publié sous votre nom. Un texte conforme se travaille en amont ; un texte non conforme se paie longtemps.

Consultant en marketing juridique, dédié aux avocats criminalistes du Québec. Un seul cabinet accompagné par ville.